Anticiper pour mieux prévenir

Fondée en mars 2022, Astriis ambitionne de révolutionner la maintenance industrielle grâce à une technologie de traitement du signal automatisé et agnostique issue du GIPSA-lab*, combinée à l’intelligence artificielle.

Imaginez une machine capable de détecter une panne six mois avant qu’elle ne se produise. Science-fiction ? Pas pour Astriis. Cette start-up grenobloise fondée en 2022, a développé une technologie de maintenance prédictive qui révolutionne l’industrie. Ses quatre cofondateurs, parmi lesquels Nicolas Saubin et Paul Roy (respectivement diplômés de Grenoble INP - Ense3 et Grenoble INP - Ensimag), affichent une ambition claire : allier intelligence artificielle et traitement du signal pour anticiper les défaillances avant qu’elles ne deviennent critiques.

Anticiper, c’est économiser

Dans l’éolien, une panne non anticipée peut immobiliser une turbine pendant six mois, le temps de commander et remplacer la pièce défectueuse. Grâce à Astriis, plus besoin d’attendre la casse : sa technologie analyse en continu les signaux acoustiques, vibratoires ou électriques des machines pour détecter les premiers signes de faiblesse. La planification de l’intervention au bon moment permet d’en réduire le coût et l’impact environnemental.

Là où d’autres solutions se contentent de fournir des indicateurs basiques ou encore nécessitent une intervention humaine, Astriis pousse l’automatisation à un niveau inégalé. « Nous avons développé une méthode de traitement du signal capable d’identifier les défauts avec une précision jamais atteinte », explique Nicolas Saubin.

Une croissance rapide et prometteuse

En trois ans, Astriis a valorisé neuf brevets issus du GIPSA-lab en les intégrant à ses technologies, s’est implantée en France, en Amérique du Sud et au Japon, et compte déjà huit clients industriels dans l’énergie, la métallurgie et la papeterie. Son chiffre d’affaires, actuellement de 150 000 € en 2024, devrait dépasser les 500 000 € cette année.

Mais l’ambition ne s’arrête pas là. La start-up s’apprête à lancer en juin une version industrielle de sa plateforme SaaS, testée par EDF et TotalEnergies. Celle-ci permettra aux entreprises d’accéder à une surveillance en ligne de leurs équipements, sans avoir à gérer une infrastructure lourde.

Un avenir prometteur

La récente labellisation par le MIAI Cluster marque une étape clé pour Astriis. « Cela renforce notre crédibilité et nous ouvre de nouvelles portes dans l’écosystème de l’intelligence artificielle », confie Nicolas Saubin. Astriis se distingue en combinant IA et traitement du signal, là où la plupart des acteurs se concentrent sur l’un ou l’autre.

Lauréate de France 2030 et soutenue par l’ADEME et Bpifrance, la start-up travaille également sur un projet pilote d’éolienne offshore flottante, une technologie encore expérimentale mais prometteuse. Pour accélérer son développement, notamment en Espagne, elle prépare une levée de fonds et vise à enrichir son catalogue de défauts détectables : cinq aujourd’hui, une quinzaine d’ici fin 2025, et quarante à horizon trois ans.

*CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA
Crédit photo : Johan Saubin